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Depuis le changement de conseillère d’Etat à la tête du Département de la Formation (ministre de l’éducation en quelque sorte), le numérique est déverrouillé et les projets fleurissent.  En fait, on en parle beaucoup, on se renseigne, on observe, on émet des idées… et quelques réticences.

 

Quelle classe numérique ?

Qu’entend-on par classe numérique ? Et comment la souhaitons-nous ? Ce sont les premières questions à se poser. Parce que si c’est reproduire à l’école ce que trop d’enfants font à la maison - à savoir une utilisation sans limite des écrans - nous ratons le but. Utiliser la technologie, nous le voulons mais pas n’importe comment.

Tout d’abord, les principes de base étant connus de la plupart des élèves, il faudra commencer par de la prévention, allant de pair avec des explications sur le fonctionnement des choses.

Ensuite, il va falloir utiliser cette technologie pour la maîtriser, et prendre les avantages qu’elle nous donne sans tomber dans ses travers. Il est donc clair que le numérique va ajouter et remplacer certains éléments, mais notre journée ne sera pas 100 % numérique !

Pour commencer - parce que ce n’est que lorsque l’on met le pied à l’étrier que l’on comprend vraiment de quoi on parle - une introduction douce et sereine, avec la volonté d'aller de l’avant et de surmonter les obstacles qui se dresseront forcément. Le numérique a des avantages concernant l’automatisation de certaines tâches, comme la correction. Utilisons-le pour cela, pour différencier, pour exerciser, pour étayer. Et si, dans un premier temps, il y a moins de fiches et plus d’activités sur l’ordinateur, c’est déjà une bonne chose. Elèves et enseignants seront ravis de cela.

Ensuite, nous pourrons découvrir tout ce que le monde connecté peut offrir à la classe, et l'introduire intelligemment dans nos classe. Beaucoup de projets ont fleuri ces dernières années, et il serait ridicule de tout recommencer à zéro. Par contre, il y a tellement qu'il faut choisir, trier, prioriser, classer.

Mais ce n’est pas tout… La classe numérique doit nous conduire à utiliser le "système numérique" pour réformer la classe, pour que nos élèves soient les étudiants et travailleurs de demain et non d’hier. Là, nous sommes des dinosaures, comme nos parents l'étaient lorsque le micro ordinateur est apparu ! Les jeunes d’aujourd’hui sont numériques - peut-être pas à bon escient mais ils ont cette « culture ». Nous le sommes, un peu, beaucoup, pas du tout, parfois passionnément pour les geeks parmi nous.

Tout comme quelques mordus d’informatique ont fabriqué leurs PC de classe à l’aide de pièces de récupération au fond de la classe ou dans un couloir - j’en ai fait partie ! - pour avoir ce qui n’était pas disponible et ont fait envie par la pratique, il faudra - et cela arrive déjà - que quelques convaincus du numériques se lancent et fassent envie. C’est aujourd’hui, c’est maintenant et nous en avons la possibilité. Personnellement, j’ai été jaloux d’une maîtresse lors de sa présentation du travail effectué dans sa classe, à côté de chez moi, évoluant dans le même cadre que le mien ! Et cela m'a poussé à réfléchir, à adapter, à passer la seconde, puisque la timide première était lancée depuis quelques temps, avec N.A.H.E.L., i-maths et un peu de LearningApps.

C’est parti !

Souvent, dans le lancement de projets, nous réfléchissons beaucoup aux objectifs, aux moyens, aux outils, à la mise en place… et parfois, nous ne nous lançons jamais. Commençant avec une nouvelle volée à la prochaine rentrée, j’ai décidé de mettre en place « un peu plus de numérique », en aplliquant les différentes réflexions menées jusqu'ici.

Actuellement, je travaille avec : 

  • un site internet - vieux, pas pratique mais existant quand même 
  • une liste Mailchimp pour les parents, afin de leur envoyer des messages concernant les mises à jour du site, la vie de classe, pas trop souvent et rien d’officiel : le papier reste de mise
  • une page d’activités en ligne (N.A.H.E.L.) que je peine à renouveler et qui suit plus ou moins le programme de classe (optionnel)
  • des activités LearningApps que je propose aux élèves par période et qui sont optionnelles

À partir de l’an prochain, tout en gardant ces éléments et en les réagençant selon les nouveaux objectifs, je désire :

  • ajouter un vrai blog, que les élèves pourront écrire eux-même, un espace de diffusion de leurs réalisations, libres ou dirigées. Outre le fait de donner du sens à nos productions d’écrit - ce que j’ai déjà fait avec des élèves de secondaires la décennie passée - cela permettra d’aborder les questions éthiques et techniques de la diffusion de contenu sur internet.
  • ajouter un agenda électronique, comme la version papier qui restera l’officielle, mais avec des informations et des indications complémentaires.
  • augmenter le recours aux activités en ligne et créer un réservoir de celles-ci selon le programme de la classe, LearningApps en tête mais pas seulement.
  • intégrer des contenus en ligne comme base de cours autonomes, ou pré-leçons, un peu à la manière de la classe inversée… et pourquoi pas produire des contenus de ce genre.

À la croisée des chemins

Depuis plusieurs années, mes rôles sont multiples :

  • enseignant dans une vraie classe de 5-6 P, avec de vraies élèves
  • chef de file dans mon établissement
  • gestionnaire d’ENSEIGNER.org
  • webmaster et créateur de contenus avec Atelier-Digital.org

Ces différents rôles sont autant de sources qui amènent de l'eau au même moulin. Ils rendent les projets tout de suite plus conséquents mais la multiplication est à la clé. Il est hors de question que je me mette à travailler pour ma seule classe sans arrière-pensée de partage, d’entraide, de diffusion. Si pendant un certain temps, les éléments seront peut-être des exemples, je désire pouvoir les multiplier pour que ceux qui sont moins « geeks » que moi ou qui ne peuvent pas mettre autant d’énergie dans l’opération puisse se lancer, à leur rythme.

L’ensemble de mes casquettes me permet aujourd’hui de me lancer et, j’espère bientôt, d’aider, de collaborer, d’accompagner d’autres collègues dans ce challenge.

Rendez-vous dans quelques semaines, tout au plus mois, pour voir l’avancée du projet, qui n’est qu’un embryon ici.

Envie de participer, d’avoir un agenda numérique pour la classe, de créer un blog avec les élèves, contactez-moi et nous pourrons faire un bout de route ensemble.