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Ce dimanche soir est un dimanche comme déjà tellement d'autres : celui de la fin des vacances et la veille de la reprise des cours. Pourtant...

Après d'excellentes vacances, envisager le retour "à l'école" ne se fera pas avec beaucoup de plaisir. Spécial pour un prof ? Non, je ne crois pas. Demain, ce sera un point que je partagerai avec pas mal d'élèves. Reprendre l'école après les vacances n'est pas toujours évident pour eux. Cette fois, cela ne l'est pas pour moi non plus. Alors, je m'interroge : d'où vient ce sentiment ? qu'est-ce qui me rebute ? qu'est-ce-que j'aimerais fuir ?

Un programme pas très alléchant

La simple vue de cette première semaine dans l'agenda me donnerait envie de fuir. Non pas les activités en tant que telles mais plutôt leur juxtaposition plutôt serrée. Voyez plutôt...

  • demain lundi, rentrée prise de contact avec les élèves, ça c'est plutôt sympa et je me réjouis de les revoir.
  • par contre, avant qu'ils n'arrivent, il me faudra répondre à toute une série de mails, redonner des informations parfois déjà données, compléter des formulaires qui sont déjà en retard, les vacances n'ayant pas été prises en compte.
  • la pause de midi sera l'occasion de reprendre contact avec les collègues mais aussi de préciser et de préparer les éléments complémentaires pour les prochaines semaines
  • après les cours, il y aura un réseau - rencontre entre professionnels et/ou parents - concernant l'évolution d'une élève
  • et puis, quelque part dans la journée, il faudrait que je rencontre la énième remplaçante de ma collège, absente depuis fin septembre

Et mardi, on recommence... 

Il y a bien sûr des activités que l'on préfère par rapport à d'autres mais c'est surtout l'accumulation d'activités en toutes sortes, dont la plupart ne sont pas vraiment "choisies" qui pèse lourd dans la balance, au point de ne pas avoir envie d'affronter à nouveau tout cela. Bien sûr, comme chaque fois, une fois que la machine sera lancée, le reste suivra, et il aura même un certain bonheur à vivre à ce rythme... pour autant que le corps suive, que les ennuis ne s'enchaînent pas et qu'au programme lourd ne s'ajoutent pas trop d'imprévus... ou de parents mécontents. Parce que moi, hypersensible que je suis, c'est ce qui me prend toute mon énergie, bien plus que d'écrire quelques dizaines de pages de cours ou d'exercices !

J'aime l'administration mais force est de constater que depuis un certain temps, il y en a de plus en plus et, même moi, je sature un peu... beaucoup. D'organisation, c'est devenu une pression, avec ce côté pesant des conséquences d'une erreur. Notre rôle autonome d'enseignant est de plus en plus pris en étau, sans que ce soit vraiment volontaire mais simplement par des éléments qui sont "pour notre bien" et celui de nos élèves.

Et puis, cette période va être longue, sans beaucoup de congés, à part les habituels 1er mai, pont de l'Ascension et lundi de Pentecôte.

Le nez un peu trop dans le guidon

Ces deux dernières années auront été ... solides ! Pas très épaulé dans mon duo, avec une classe nombreuse un nombre grandissant d'élèves à besoins particuliers, il reste peu d'énergie pour créer quelque chose de nouveau, pour expérimenter, pour se défier... Les semaines et les mois passant, c'est la motivation qui en prend un certain coup. Derrière tous les éléments concrets - dont la plupart sont immuables - c'est peut-être bien là que se trouve la raison principale de ce passage à vide. 

Ce n'est pas la première fois que cela arrive, il y a quelques années, je m'étais aussi arrêté en fin d'année scolaire pour analyser ce qui se passait, ce que je désirais, mais c'était un peu différent...

Je ne crois pas que je voudrais quitter l'école, arrêter l'enseignement, quitter les élèves, cesser de transmettre, de défier, de montrer la voie et d'être peut-être une voix, parfois plus... mais je ne crois pas pouvoir continuer longtemps dans ces conditions, au moins mentales.

Prendre de nouvelles perspectives, lancer de nouveaux projets

À côté de l'école, j'ai lancé de multiples projets ces derniers mois (photographie, création de sites internet,...), c'était nécessaire pour continuer de vivre et pas seulement travailler dans un milieu un peu hostile. Mais pour continuer à bien travailler, il me faut aussi lancer des projets dans ma vie professionnelle. Pas forcément des choses compliquées ou chronophages, non, simplement des choses qui me donnent envie d'enseigner, d'être là, devant ou avec mes élèves, simplement de me lever le matin, de retourner en classe après les week-ends et les vacances.